La première table-ronde présidée par Jean-Claude MAGENDIE avait pour thème ‘le développement de la médiation dans les juridictions françaises’.
Le premier président a présenté son rapport issu des travaux d’un groupe de travail pluridisciplinaire et intitulé
‘Célérité et qualité de la justice. La médiation : une autre voie’ accessible sur
le site de la Cour d'Appel de Paris
Dominique de la GARANDERIE présidente d’honneur et fondatrice de l’AME a ensuite rappelé comment l’AME avait été créée et combien en 1998 il s’agissait d’un ‘
acte de foi’.
Michèle GUILLAUME-HOFNUNG, professeur de droit, dont le propos était ‘
la phénoménologie de la médiation’ a, quant à elle, estimé que la médiation se trouvait à la croisée des chemins en soulignant l’hétérogénéité des pratiques, des régimes, des formations. Elle a prôné un seuil minimum d’intelligibilité conceptuelle (SMIC) en indiquant qu’elle avait organisé dès 1988 au Sénat un colloque sur la médiation.
Danièle GANANCIA vice-présidente JAF à Paris a expliqué qu’elle revenait du Québec où seulement 10 % des affaires viennent devant les tribunaux, les autres se solutionnant pour moitié par la médiation, pour moitié par la négociation entre avocats. Selon les statistiques françaises, seulement 1% du contentieux familial fait l’objet d’une médiation; cependant à Paris, en 2 ans, on note une augmentation de 58 % des médiations ordonnées avec la désignation de trois cabinets pilotes et une permanence au tribunal d’associations de médiateurs familiaux.
Martine BOURRY d’ANTIN, présidente d’honneur de l’AME, a insisté sur le fait que si l’avocat n’est pas convaincu, la médiation ne peut marcher. Elle a observé que non seulement, l’avocat, après avoir fait le diagnostic que le dossier relevait de la médiation, doit persuader son client qu’il n’a rien à perdre et tout à gagner mais encore il doit l’accompagner car c’est lui qui retranscrit en termes juridiques l’accord.
Benoît RAULT, président du TGI de MEAUX, a ensuite cerné les principales causes de l’échec de la médiation devant les juridictions. Il considère notamment que la médiation familiale ‘donne bonne conscience’ au juge civil, que le juge est réticent car il a le sentiment d’être par la médiation dépossédé de sa fonction de juger et qu’enfin, l’offre de médiateurs réellement formés et disponibles est insuffisante dans les petites et moyennes juridictions. Il a envisagé différentes pistes, en particulier, outre l’information des différents acteurs, l’intégration au sein du tribunal d’un magistrat référent.
Gabrielle VONFELT, conseillère à la cour d’appel de Paris, a résumé les moyens pour pérenniser les efforts faits pour développer la médiation et éviter qu’au départ d’un magistrat impliqué, tout soit à recommencer. Elle a détaillé les nouvelles structures, principalement magistrat référent au tribunal et commission pluridisciplinaire au niveau de la cour pour diffuser les bonnes pratiques et arrêter une liste ouverte de médiateurs respectant une charte.