Comme le souligne le rapport du député Floch précité, différents services de médiation intégrés aux entreprises, à des banques, ou encore à des compagnies d’assurance se sont développés.
1. Le domaine commercial :
a. Principes généraux
Treize ans après l’entrée en vigueur de la loi sur la médiation, le bilan de la médiation civile et commerciale reste encore relativement limité, malgré l’engagement individuel de certains magistrats.
Une première raison tient au fait que les entreprises ne ressentent pas, en terme de coûts et de délais, de véritables contraintes en matière de résolution judiciaire de leurs litiges, s’agissant du moins des contentieux portés devant les tribunaux commerciaux.
Une deuxième explication réside dans le fait que la médiation nécessite, en France, pour se développer, une véritable révolution culturelle chez toutes les parties prenantes, à savoir aussi bien les magistrats que les avocats, et bien sûr les entreprises elles-mêmes.
b. Données chiffrées
En 2007, le CMAP a eu à traiter 304 médiations. 89% d’entre elles étaient conventionnelles et 11% judiciaires.
Les demandes de médiation dans le domaine commerciale concernaient principalement les secteurs d’activités suivants :
- Conflits entre associés, droit des sociétés, garanties de passif : 17%
2. Le domaine bancaire
a. Principes généraux
C’est la loi portant mesures urgentes de réformes à caractère économique et financier (MURCEF) du 11 décembre 2001 qui a prévu la mise en place d’un service de médiation en matière bancaire.
Ainsi, tout établissement de crédit doit désigner un médiateur auquel pourra s’adresser sa clientèle. Il traite les litiges opposant un client à un établissement de crédit et portant sur la conclusion de la convention de compte, sur son contenu, ainsi qu’aux services et moyens de paiement qui y sont attachés (chéquier, carte bancaire, etc.).
Le médiateur peut être propre à la banque, ou bien encore être un médiateur commun à plusieurs banques, tel celui placé auprès de la Fédération bancaire française (FBF).
Par ailleurs, la loi du 3 janvier 2008 pour le développement de la concurrence au service des consommateurs (loi Chatel) a étendu le champ de la médiation bancaire aux produits d’épargne.
b. Données chiffrées
Dans son compte rendu d’activité, le médiateur de la FBF déclare avoir reçu au cours de l’année 2007, 1076 courriers, dont 712 étaient du ressort de cette dernière.
Ces 712 courriers ont été orientés de la manière suivante :
- 347 ont été rejetés car ils concernaient des sujets pour lesquels le médiateur n’était pas compétent,
- 21 ont été classés sans suite,
- 330 ont été différés pour non épuisement préalable des voies de recours interne des établissements,
- 14 courriers ont pour leur par été traitables par le médiateur.
L’objet des litiges des dossiers de médiation portait pour :
- 37% sur le fonctionnement du compte,
- 21% sur les moyens de paiement,
- 21% sur les opérations de crédit.
3. Le domaine financier
a. Principes généraux
Institué en 2001, le médiateur de l’Autorité des marchés financiers (AMF) est compétent pour tout litige à caractère individuel entre un investisseur non professionnel et un intermédiaire financier, un émetteur ou un prestataire de services d’investissement. Il intervient également pour les litiges relatifs à l’information, à l’exécution des ordres et aux mandats de gestion de portefeuilles.
b. Données chiffrées
En 2007, le médiateur de l’AMF a reçu 706 demandes de médiation et 493 dossiers ont été traités du 1er janvier au 31 décembre 2007.
Il est intéressant de noter que 84% de ces dossiers ont été clôturés dans les six mois de leur ouverture, ce qui prouve la rapidité de la médiation.
Sur les 493 dossiers, 66% de ceux portant sur des sujets inclus dans le champ de compétence de l’AMF et accompagnés d’éléments pertinents ont permis de conclure un accord.
Les dossiers ont été répartis entre plusieurs thèmes généraux représentant le % suivant des demandes :
- les produits collectifs et la gestion de sous-mandat : 47%
- la transmission/exécution d’ordres : 33%
- les émetteurs, le fonctionnement général des marchés et les instruments financiers autres que les produits collectifs : 19%
4. Le domaine des assurances
Ici il est nécessaire de distinguer entre les différends mettant en cause des compagnies affiliées auprès de la FFSA (Fédération française des sociétés d’assurances), et ceux mettant en cause les compagnies affiliées auprès du GEMA (Groupement des entreprises mutuelles d’assurance).
a. Principes généraux
C’est en 1993 que la Fédération française des sociétés d’assurances a mis en place un système donnant la possibilité aux particuliers face à un différend relatif à un contrat d’assurance de bénéficier d’une procédure de médiation.
Comme en matière bancaire et financière, le recours au médiateur n’intervient qu’après épuisement des recours internes à la compagnie d’assurance, comme alternative au procès.
b. Données chiffrées
- Litige avec une compagnie d’assurance affiliée à la FFSA :
En 2006, seulement 29% des avis rendus dans le cadre de la médiation de l’assurance ont été totalement ou partiellement défavorables au requérant.
- Litige avec une compagnie d’assurance affiliée au GEMA :
En 2007, le GEMA a été saisit de 257 demandes de médiation, dont 193 relevant de sa compétence.